Quel nouveau clivage politique pour demain ?
C'est à ni rien comprendre. Ségolène fait chanter La Marseillaise et demande aux Français de mettre des drapeaux à leurs fenêtres, DSK ne dit pas complètement non à Bayrou, Sarko cite Jaurès, Le Pen déclare ne plus vouloir le retour du Franc... Mais où sont donc passés nos bons vieux repères droite-gauche ?
En fait, comme c’était prévisible, la campagne vient de confirmer la mort déjà bien avancée de ce clivage qui a dominé la vie politique française pendant des décennies. Et pourtant, par faiblesse ou aveuglement, ni nos dirigeants ni nous-mêmes avons renoncé à le maintenir artificiellement en vie. Jusqu’à quand ?
En effet, depuis que les deux principaux partis français qui ont vocation à exercer le pouvoir (le PS et l’UMP) partagent le même avis sur la nécessité européenne, l’intégration à l’économie de marché, la fin de l’angélisme en matière de lutte contre l’insécurité, les insuffisances de la carte scolaire, les lacunes des 35 heures, l’instauration d’un régime de retraite commun entre salariés du privé et du public…quelles différences fondamentales nous permettent encore d’entretenir un clivage partisan tel que celui que nous connaissons aujourd’hui ?
Pour plusieurs raisons, ce clivage est mortifère pour nos institutions : il favorise l’abstention aux élections, il renforce les extrêmes, il désespère les citoyens de leur système politique et de leurs élus. L’envie de changement des Français trouve aussi son explication dans cette situation.
Quoi proposer à la place ? Un nouveau clivage. Un clivage non plus basé sur des différences de nature sociales ou économiques – la mondialisation et l’économie de marché sont passées par là – mais sur des questions d’intégration de la France au monde et à l’Europe.
La conséquence de ce changement serait une immense bouffée d’oxygène pour notre démocratie. En effet, le combat de demain sera celui de l’ouverture ou du repli de la France sur elle-même, que ce soit dans les domaines économiques, institutionnels ou sociétaux. Le point de pivot de notre système partisan reposera inévitablement demain sur ces questions.
Et ainsi, il en sera terminé de ces oppositions souvent stériles et dont l’hypocrisie ne cesse plus d’exaspérer les électeurs.
Imaginez : des élus PS, UMP, Verts et UDF pourront se retrouver dans un nouvel ensemble partisan dont les opposants seront davantage à l’extérieur du parti qu’à l’intérieur. En effet, quoi de commun entre un Dupont-Aignan ou une Christine Boutin et un Sarkozy à l’UMP, quoi de commun entre un DSK et un Mélenchon ou un Emmanuelli au PS, avec lesquels il est plus difficile de composer qu’avec son opposant du camp d’en face ? Enfin, des élus FN, MNR, Villiéristes, Parti des travailleurs, Chevénementistes, Pasquaïens, Dupont-Aignantistes, Boutinistes, mais aussi des PS, des radicaux ou des UMP etc…pourront se compter et se battre pour ce en quoi ils croient. Imaginez !
Comments
http://www.la-convergence-ethique.org/
- Les traditionnels clivages politiques GAUCHE/GAUCHE - DROITE/DROITE sont-ils aujourd'hui la seule voie politique d'accès vers une meilleure réussite collective?
- Les adversaires de la réussite collective ne sont-ils pas EN DEHORS des clivages politiques?
- Les clivages politiques GAUCHE/GAUCHE - DROITE/DROITE, ne deviennent-ils pas finalement la cause de notre incapacité à résoudre les problèmes récurrents de société?
- Pourquoi demeurons-nous en CAPTIVITÉ des clivages G/G - D/D qui ne déjouent plus les écarts d'inégalité dans le monde?
- Le capitalisme outrancier est-il l'apanage des pays de GAUCHE ou de DROITE ?
- Le consumérisme est-il un attribut des pays de GAUCHE ou de DROITE ?
- L'offense aux droits de l'homme est-il le lot des pays de GAUCHE ou de DROITE?
- L'éthique est-elle une caractéristique des pays de GAUCHE ou de DROITE?
- L'aménagement d'un clivage vertical ÉTHIQUE - IMMORALITÉ, en protection des traditionnels clivages politiques est-il un scénario futur INCOHÉRENT?
- Existe-t-il un code d'éthique politique en France ?