- Next »
- « Previous
Comment réagir à la stratégie de Bayrou?
Plus que jamais, François Bayrou s'impose comme l'arbitre suprême de cette élection. Face à cette montée en puissance, comment les deux candidats encore en lice doivent-ils réagir?
Ségolène:
A court terme, Bayrou la menace moins qu'il ne menace Sarkozy. Pourquoi? Bayrou avec l'UDF était à l'origine un satellite de l'UMP. Aujourd'hui, il se considère non plus comme une force d'appoint de ce parti mais comme une force à part entière faisant jeu égal avec l'UMP et le PS. Dans cette logique, Bayrou doit donc s'éloigner de plus en plus de la droite et s'ouvrir davantage sur sa gauche. Par conséquent, il est donc moins menaçant à l'égard de Ségo que de Sarko...du moins jusqu'au 6 mai au soir. Après, il en sera tout autrement.
En effet, il est vraisemblable que Bayrou ait fait le pari que Sarko gagne l'élection le 6 mai. A cette date, et si défaite il y a, Ségolène Royal et le PS seront alors décimés et les législatives seront pour eux un désastre. Une autoroute s'ouvrira alors pour Bayrou et son nouveau parti - le Parti Démocrate - qui pourra alors récupérer des voix socialistes en perdition et débaucher quelques figures du parti, séduit par l'ascension du béarnais. Dans cette bataille, Bayrou adopte la stratégie suivante: s'ouvrir à gauche dans un premier temps et, ensuite, emboutir le flanc droit du PS.
Comment Ségolène peut-elle réagir à cela? C'est une course de vitesse entre elle et François Bayrou qui s'est engagée. Ségolène n'est pas dupe. Elle doit se douter des manœuvres du président de l'UDF. Elle doit donc au maximum profiter de cet entre-deux tours pour capter ses voix et, surtout,...gagner les présidentielles. Autrement, le PS et elle-même mettront des années à s'en remettre.
Nicolas
Nicolas a bien des raisons d'en vouloir à François Bayrou. Celui-ci s'émancipe et c'est à ses dépends qu'il le fait. Comment peut-il réagir alors même qu'il a besoin de le ménager avant le second tour?
Tout d'abord et afin d'éviter un débat qui serait trop brutal avec Bayrou, il va certainement renoncer à son invitation à le rencontrer devant les caméras. Ensuite et jusqu'au 6 mai, il essaiera de multiplier les ralliements de personnalités UDF à sa candidature et, si possible, du PS. Bien entendu, son discours continuera à se gauchiser. Enfin et à partir du début des législatives, comme on l'a déjà entendu, il va essayer de laminer le parti de Bayrou en présentant et en maintenant partout où cela est possible des candidats de l'UMP face à des candidats du futur Parti Démocrate. Objectif: l'empêcher de devenir une force de nuisance durable face à l’UMP. Par ailleurs, afin de ne pas paraître trop brutal, il pourrait essayer en même de favoriser la création d’une UDF bis avec d'anciens du parti. Mais cette fois, ces derniers se feront plus dociles. Gilles de Robien est certainement sur la liste !
Comments
C'est Bayrou lui même qui avait dit il y a quelques mois, "en 2007 je ferai un bon score et en 2012 je serai élu"...
Très bon article.
Faire un "face à face politique" télévisé nécessite une grande expérience politique et d'orateur pour les deux intervenants : sang froid, adaptation rapide, connaissances sur tous les domaines, ruse et un vocabulaire percutant.
C'est en effet dommage qu'il n'y ait pas, pour l'instant, de débat télévisé entre Royal et Bayrou. En effet, Bayrou montrerait sa supériorité certaine face à la candidate socialiste que j'ai trouvé loin d'être certaine d'elle et employant une grande démagogie lors de son émission avec A. Chabot (il ne faut pas oublier qu'elle avait critiqué vivement le programme de Bayrou en le qualifiant de programme non existant et maintenant elle trouve des similitudes ? en étant logique cela voudrait dire que le sien est presque inexistant ?).
Le débat entre le démago coriace Sarko et la démago fragile Ségo risque de tourner à l'avantage de Sarko.
Dommage qu'il n'y ait pas de débat entre Sarko et Bayrou, juste par curiosité ;-)
Ce qui est certain c'est que l'un ou l'autre des présidents potentiels nous décevra ave leurs promesses de fausse refonte du monde politique et de rupture imaginaire dans la façon de gouverner.